Staff Planète Le blog jeunes et ville durable

Ils transforment le brouillard en eau potable

« Et si le brouillard changeait votre vie ? Cette éventualité pourrait sembler utopique mais une association marocaine a prouvé le contraire ! Grâce à d’immenses filets, directement inspirés des toiles d’araignées, les gouttelettes d’eau sont piégées et redistribuées, après traitement, aux habitants de cinq villages . Alors que l’accès à l’eau potable apparait comme un véritable défi du XXIème siècle, ce concept, déjà expérimenté en Amérique du Sud, pourrait bien devenir une solution sérieuse pour venir en aide aux populations dans certaines régions arides. Ainsi, c’est bien en multipliant les initiatives et les expérimentations que chacun pourra apporter sa contribution au développement durable ! Alors chers internautes, des idées ? »

_____________________________________________________

Une association marocaine utilise désormais des énormes filets pour piéger le brouillard afin de le transformer en eau potable. Ce dispositif permet d’économiser l’argent et les forces des villageois.

Transformer le brouillard en eau : cette idée ingénieuse a changé la vie des habitants de cinq villages du sud-ouest marocain, situés à 1225 mètres d’altitude au sommet de la montagne Boutmezguida dans la région de Sidi Ifni.

L’ARAIGNÉE COMME INSPIRATION

Grâce à une quarantaine d’immenses filets, ils piègent les gouttelettes d’eau, qui sont ensuite traitées, mélangées à de l’eau de forage, puis écoulées via des canalisations jusqu’aux villageois. «Moissonner le brouillard», comme disent les résidents, est une technique née il y a une vingtaine d’année au Chili, dans la Cordillère des Andes, là où la région est extrêmement brumeuse. Elle a été mise au point par l’ONG Fog Quest, qui l’a expérimentée dans plusieurs pays : Guatemala, Pérou, Namibie.

La technique s’inspire de l’araignée, qui piège l’eau dans sa toile. © Facebook

Cette technique «ne fait qu’imiter la nature», indique Aïssa Derhem, le président de l’association «Dar Si Hmad pour le développement, l’éducation, et la culture», en montrant une toile d’araignée, qui a de tout temps piégé l’eau dans ses mailles pour s’abreuver. «C’est écologique et cela permet de préserver la nappe phréatique de la région, qu’on est en train de vider», ajoute le professionnel.

ÉCONOMISER DU TEMPS ET DE L’ARGENT

Dans une région au climat semi-aride, telle que la région de Sidi Ifni, avoir de l’eau en ouvrant un simple robinet est une «révolution». Femmes et enfants perdaient en effet plus de quatre heures par jour en moyenne à faire des allers-retours pour puiser de l’eau. «Je remplissais deux bidons de 20 litres à quatre reprises dans la journée. Mais ces 160 litres ne nous suffisaient même pas, car on a du bétail», se rappelle Massouda Boukhalfa, âgée de 47 ans. Désormais, 92 foyers soit près de 400 personnes reçoivent l’eau courante jusqu’à leur domicile sans avoir à franchir les obstacles de la montagne.

La région montagneuse de Sidi Ifni. © Facebook

En outre, l’eau de brouillard coûterait trois fois moins cher que le puisage intensif, malgré la petite contribution que les habitants doivent verser pour disposer d’un compteur, qui fonctionne à l’aide de cartes prépayées. L’association Dar Si Hmad veut maintenant équiper un maximum de villages aux alentours et remplacer les filets actuels par de nouveaux modèles capables de résister à un vent de 120 km/h. «Les filets sont désormais exportables dans d’autres villes du Maroc, dans toutes les régions montagneuses et en front de mer», se félicite Aïssa Derhem, qui rêve d’en déployer sur tous les sites brumeux marocains.

Auteur : CAMILLE HAZARD AVEC AFP

Date de publication : 16 juin 2015

Disponible sur le site Paris Match 

Photo à la une : Les membres de l’association Dar Si Hmad devant leurs filets. © Facebook

 


3 − = deux

Détails de l'article

Posté le : 17 juin 2015

Par :

Commentaires: 0