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Urbanité et ruralité – Ville, terre et homme

La ville et la terre indissociables

Ville, territoire, urbanité, ruralité. Tous ces mots je les ai souvent entendus au cours de ma formation. Diplômé en génie urbain, il est temps de passer à la pratique et d’agir sur la ville. Mais il y en a tellement de différentes : des « rurales », des urbaines, périurbaines, suburbaines, des villes satellites, des « villes nouvelles ». Où agir au mieux ? Les grandes villes ont pratiquement toutes des plans d’action urbains qui sont pris en exemple et médiatisés. Les campagnes, elles, sont en apparence moins dynamiques. Déjà urbain ou rural ? Il me faut un peu de recul. S’éloigner pour mieux comprendre…

Le RER est un bon moyen pour cela. Plus le train avance, plus la « ville » s’étale. On quitte l’haussmanien, pour des grands ensembles, en passant par quelques zones industrielles. Les premiers jardins apparaissent, avec des maisons et moins d’immeubles. Tout devient plus vert, et si le train continuait, on arriverait en pleine campagne, aux antipodes de la ville.
Bien que la transition soit nette en comparant le départ de l’arrivée, il m’est difficile de cerner à quel moment le train est passé d’un territoire urbain à un territoire rural. Il y a tellement de nuances.

Cela est pourtant clair pour l’Insee. Il y a deux possibilités pour qu’une commune devienne urbaine : soit elle atteint le seuil des 2000 habitants et devient une ville, ou « au moins 40 % de sa population résidente ayant un emploi travaille dans un pôle urbain ou dans des communes attirées par celui-ci ». Dans les deux cas, le dénominateur commun est l’homme. Je trouve étrange que la mesure du caractère ville ou campagne se restreigne à un nombre d’habitants, ou à leur activité. Ça ne me semble pas viable, l’homme ne peut être la mesure de tout. Alors quelle frontière sépare l’urbain du rural ? Ou plutôt, qu’est ce qui les relie ?

En procédant par excès, le rural correspondrait à une population paysanne travaillant de la terre ou l’artisanat, modifiant les paysages par l’agriculture et quelques bourgs. Le rural serait un territoire habité par des hommes vivant au rythme d’un environnement naturel. Pour l’urbain à son apogée, il s’agirait d’un paysage purement bâti où chaque espace aurait une fonction prédéfinie. Les relations avec le territoire se restreindraient aux interactions de l’Homme avec ses propres constructions, mentales ou physiques. L’urbain correspond ainsi à la structuration d’un environnement naturel en monde significatif pour l’Homme.

Parler de ruralité et d’urbanité ramène finalement à un unique rapport, celui de l’Homme avec son environnement, de la ville avec la terre.

Dans la ville, on ne parle de la terre qu’en terme financier, constructible ou de rentabilité. Elle disparaît de notre conscience, comme l’herbe qui était sous nos pieds. Ne la voyant plus, nous perdons de vue l’origine de la nourriture, l’air, l’eau et l’énergie que nous utilisons. Car toutes ces composantes viennent de l’extérieur. Urbain et rural sont les deux faces de la même médaille. Je ne peux pas agir sur la ville si je ne prends pas en considération la terre qui la nourrit. Ce serait comme étudier l’arbre en oubliant ses racines…

D’ailleurs, si on les associait à l’espace rural, elles représenterait 78 % du territoire français. Loin de la prairie enchantée, il est majoritairement recouvert de champs en monoculture, qui appauvrissent le sol, d’élevage intensif énergivores et d’autres activités industrialisant la terre. Ce qui épuise le sol qui nous nourrit.

La ville et la terre sont indissociables. Si les plus grands discours ou plans d’actions sont uniquement urbains, il n’est pas possible de retrouver un équilibre.

On aura beau couper des branches ou colorer nos fruits, si les racines ne sont pas saines, la croissance s’arrêtera.

Quentin Chance, Ingénieur en génie urbain

Quentin Chance, blog jeunes et ville durable, urbanité, ruralité

 

  • Georges le chacal dit:

    Posté le : 25 avril 2014


    Bonne vision, pas seulement réflexive mais projective, ancrée comme un départ, des idées qui trémulent comme une machine qui piaffe d'impatience, c'est intelligent, concis, généreux, un germe qu'on devine résolument vert et grand, comme un rassemblement, c'est juste difficile, comme le bonheur, qui n'est pas qu'un désir mais aussi de volonté, pour le créer, et de courage, pour le partager. tout cela est plein de promesses et d'intelligence, comme son auteur... Répondre

  • Clémentine dit:

    Posté le : 25 avril 2014


    Georges Le Chacal, merci pour ce commentaire enthousiasmant. On a également hâte de voir la suite des articles de Quentin. Bonne lecture et à bientôt ! Clémentine Répondre

  • DESMAREST dit:

    Posté le : 27 avril 2014


    autant de réponses à des questions que je ne m'étais même pas posée…en tout cas voilà une réflexion saine et rassurante Répondre

  • DESMAREST dit:

    Posté le : 27 avril 2014


    autant de réponses à des questions qu'on ne se pose pas forcément…voilà une réflexion saine et rassurante Répondre

  • Quentin dit:

    Posté le : 29 avril 2014


    Merci à tous pour vos commentaires ! Je continue sur cette lancée, le deuxième article sort dans quelques jours. Répondre

  • Marie Danielle dit:

    Posté le : 29 avril 2014


    Bel article prometteur de réflexions et de suggestions . Belle remise dans l'axe, dans l'essentiel de ce qu'il y a à appréhender pour notre futur et le bien être de tous et de notre environnement qui oui sont indissociables. Promesses d'un travail pluridisciplinaires qui amène à une construction réaliste aux potentiels créatifs et réalisables, c'est loin des belles paroles car ça amène à une promesse profonde de changement dans un espace de vie intelligente. La suite avec impatience! Répondre

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    Détails de l'article

    Posté le : 24 avril 2014

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    Thématiques

    Société, Urbanisme